5 avril 2013

Le CERVEAU

Depuis environ un demi-siècle, la pratique médicale a été transformée par l'apport de nouvelles technologies  et la découverte de multiples produits médicamenteux.

Beaucup de spécialités médicales ont bénéficié, y compris la neurologie qui est restée longtemps une spécialité clinique avec peu de moyens thérapeutiques.
 

Depuis une trentaine d'années, l'apport de nouvelles techniques appliquées en neurologie a donné un espoir aux spécialistes de pouvoir mieux soigner les pathologies touchant le cerveau. Aussi, l'essor des sciences cognitives a modifié la pratique des neurosciences cliniques.

Le cerveau qui assure le rôle de chef d'orchestre, le centre de la pensée, de l'intelligence, de l'attention, de la concentration, de la mémoire, du langage et de toutes les fonctions dites cognitives de même le centre de contrôle des émotions et des comportements, est le dernier organe du corps humain qui est resté mystérieux.

Il est à l'origine, de multiples pathologies, dont le splus fréquentes sont les accidents vasculaires cérébraux, la maladie de Parkinson, la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques, la migraine, les épilepsies, le smaladies du développement du cortex cérébral, …
Le cerveau est défini topographiquement par une répartition en lobes, frontal, pariétal,  temporal et occipital. Il est constitué de deux hémisphères droit et gauche qui ont des fonctions complémentaires. La spécialisation de chaque lobe de chaque hémisphère est telle qu'il est peu probable qu'une ou plusieurs donctions perdues puissent être intégralement compensée par le centre ou le lobe d'en face et d'à côté.

Il est de coutume de répartir le cerveau en zone corticale où le cortex représente le territoire périphérique et en zone sous corticale ou interne ou centrale du cerveau. La région interne ou sous corticale est habituellement appelé substance blanche en raison de sa richesse en myéline.

La neurologie, à l'instar de toutes les spécialités médicales est basée sur la clinique qui permet d'établir le diagnostic. De plus en plus, le neurologue s'appuit sur des examens en neuro imagerie; tels que le scanner ou l'IRM, sur la neuro physiologie qui peut apporter des signaux pouvant confirmer ou infirmer un diagnostic suspecté, tel que la sclérose latérale amyotrophique ou la maladie de Charcot, une neuropathie ou une atteinte compréssive des nerfs.

L'apport de la neurochimie, de la neurogénétique a permis d'étblir des diagnostics de certitude pouvant conduire dans certaines situations à des décisions thérapeutiques plus spécifiques.

L'Accident Vasculaire Cérébral n'est plus une fatalité. La meilleure connaissance des facteurs de risques cardio-vasculaires, métaboliques tels que le diabète,les dyslipidémies et autres facteurs touchant à la coagulation du sang a révolutionné la prise en charge préventive et précoce de cette maladie.

Les différentes variétés cliniques des épilepsies sont actuellement traitées par un arsenal thérapeutique de plus en plus enrichi par de nouvelles molécules. L'absence de réponse thérapeutique médicamenteuse aux crises a abouti à l'utilisation de la chirurgie selective comme alternative de plus en plus bien maitrisée.

La maladie de Parkinson n'échappe pas au progrès tant par la diversité des classes thérapeutiques que par l'application des interventions cérébrales profondes dans les régions sous-thalamiques qui ont transformé le pronostic particulièrement chez des jeunes patients.

La sclérose en plaques qui est une atteinte de la substance blanche de l'axe cérébo-spinal est actuellement une pathologie prise en charge par des médicaments ciblant les failles immunitaires soit par une modulation soit par une supression de l'immunité afin d'éviter la progression de la maladie.

La migraine en dépit de son incidence et sa fréquence relativement élevées dans les pays développées n'est plus considérée comme un mal de tête ordinaire ou une fatalité familiale et/ou environnementale. La classe thérapeutique des triptans souvent efficace a transformé le quotidien de ceux qui en souffrent.

La maladie d'Alzheimer et les autres types de démence sont des maladies qui ont acquis un droit de cité familial et sociologique. Les produits anticholinestérasiques ont permis d'assurer une prise en charge globale du patient en incluant les aidants et des spécialistes paramédicaux tels que les orthophonistes, les psychomotriciens, les neuropsychologues…

Les tumeurs cérébrales sont aussi de plus en plus traitées en associant la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie et l'hormonothérapie. Plusieurs sortes de chimiothérapies sont fondées sur des avancées en génétique.

Le quart du siècle qui nous attend est très vraisemblablement porteur de multiples avancées et progrès dans les différentes recherches touchant le cerveau.
La neurobiologie, la neurochimie, la neurogénétique auront un impact pour une meilleure connaissance du cerveau. Le fonctionnement conscient du cerveau devra permettre à mieux appréhender les relations interindividuelles et les relations sociales qui sont une nécessité indispensable pour maintenir un monde harmonieux dans sa diversité.

Ecrit par le Docteur Antoine CARMI
Neurologue