4 avril 2017

22 novembre 2016 : EPU La prise en charge de l’obésité

Conférence

Le 22 Novembre 2016 , le centre Jack Senet organisait une soirée sur le thème de la prise en charge de l’obésité.

Cette soirée était animée par le Dr Olivier OBERLIN, chirurgien viscéral pratiquant la chirurgie bariatrique, le Dr Marie Antoinette SEJEAN, médecin nutritionniste et le Dr Julien SWEBEL, chirurgien plasticien pratiquant des chirurgies réparatrices après amaigrissements majeurs.

Etait rappelé l’accroissement de la prévalence de l’obésité en France, atteignant plus de 15% de la population française adulte en 2016, et près de 50% quant au surpoids. L’obésité, excès de masse grasse, est une maladie chronique, multifactorielle, liée au mode de vie ainsi qu’à des susceptibilités génétiques et à des ressorts psycho-sociaux. En règle générale, l’obésité a tendance à s’aggraver avec le temps, du fait d’un cercle vicieux physiopathologique. Elle est mesurée selon l’IMC « indice de masse corporelle », rapport du poids sur le carré de la taille (IMC = P/T²).

L’obésité « morbide » se définie par un IMC >40 ou par la coexistence d’une obésité sévère (IMC>35) et d’une co-pathologie directement liée à l’obésité: hypertension artérielle, diabète, apnée du sommeil.

La haute autorité de santé (H.A.S). recommande la prise en charge de ces patients par une équipe pluridisciplinaire associant le médecin généraliste, un médecin nutritionniste et un chirurgien pratiquant la chirurgie de l’obésité. Une chirurgie doit être proposée après une prise en charge adaptée d’au moins 6 mois comportant un bilan somatique et endocrinien de l’obésité ; une consultation psychiatrique ; et une rééducation alimentaire dont le but est de retrouver durablement une alimentation équilibrée « sans régime ».

Aujourd’hui 2 types d’interventions chirurgicales vont permettre un amaigrissement majeur et rapide; En 2 ans, la perte de poids est en moyenne de 35% du poids corporel, ou 70% de « l’excès de poids ».

La « Sleeve Gastrectomy » consiste à sectionner et retirer toute la grande courbure gastrique pour ne garder qu’une manche (Sleeve) d’estomac, ce qui restreint de façon importante la quantité de calorie ingérée. Le « Gastric By Pass » consiste à sectionner la partie haute de l’estomac, isolant une petite poche gastrique permettant la même restriction. Cette poche est suturée à l’intestin en court-circuitant (by-pass) les 150 premiers centimètres de l’intestin, entraînant un défaut d’absorption des calories ingérées. Ces interventions doivent être pratiquées au sein d’équipes entrainées. Elles ont un taux de complication inférieur à 5% et un taux de mortalité inférieur à 1%.

Les études de suivi sur des milliers de patients avec plus de 20 ans de recul montre que la perte de poids induite par la chirurgie permet de faire disparaitre le diabète pour les 2/3 des opérés, et l’hypertension pour la moitiés. Ceci permet réduire la mortalité d’un quart, en réduisant la mortalité cardio-vasculaire  mais aussi en réduisant la mortalité par cancer (1).

Dans tous les cas la prise en charge doit se poursuivre à vie afin de surveiller l’absence de carence vitaminique induite, puis l’absence de reprise pondérale, car après 2 ans, la restriction alimentaire est limitée.

Après un amaigrissement majeur, les conséquences esthétiques sont variables selon les patients. Elles peuvent nécessiter le recours à une chirurgie reconstructrice. Le plus fréquent est la nécessité de recours à une abdominoplastie. Les autres interventions fréquentes sont les chirurgies de la face interne des cuisses et des bras. Le body-lift consiste à réaliser l’ablation circonférentielle d’un excès de tissu cutané et sous cutané, prolongeant une abdominoplastie aux hanches et au bas du dos. La prise en charge est soumise à l’accord du médecin conseil de la sécurité sociale. La ptose mammaire est fréquente mais n’est jamais prise en charge. Ces chirurgies réparatrices laissent des cicatrices importantes et disgracieuses, mais le taux de satisfaction est élevé car les séquelles de l’obésité sont très gênantes.

(1) « Swedish Obese Subject » Study, N Engl J Med, Aug 2007 ; Lancet, Jul 2009 ; JAMA, Jan 2012″

 

Ecrit par le Dr Olivier OBERLIN